Le droit d’auteur peut faire l’objet d’une exécution forcée. En effet, il est possible d’envisager la saisie du droit d’auteur.

Cette saisie se fera suivant la procédure classique de saisie des droits incorporels.

La vente du droit d’auteur sera de la seule compétence des huissiers de justice et ce tel que plus amplement détaillé dans la rubrique « les droits incorporels».

Au terme de l’article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle, la nature du droit d’auteur est ainsi définie :

 L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.

Ce droit comporte des attributs d’ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d’ordre patrimonial, qui sont déterminés par les livres Ier et III du présent code.

L’existence ou la conclusion d’un contrat de louage d’ouvrage ou de service par l’auteur d’une œuvre de l’esprit n’emporte pas dérogation à la jouissance du droit reconnu par le premier alinéa, sous réserve des exceptions prévues par le présent code. Sous les mêmes réserves, il n’est pas non plus dérogé à la jouissance de ce même droit lorsque l’auteur de l’œuvre de l’esprit est un agent de l’Etat, d’une collectivité territoriale, d’un établissement public à caractère administratif, d’une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité morale ou de la Banque de France.

Les dispositions des articles L. 121-7-1 et L. 131-3-1 à L. 131-3-3 ne s’appliquent pas aux agents auteurs d’œuvres dont la divulgation n’est soumise, en vertu de leur statut ou des règles qui régissent leurs fonctions, à aucun contrôle préalable de l’autorité hiérarchique.

L’article L 111-3 poursuit ainsi :

« La propriété incorporelle définie par l’article L. 111-1 est indépendante de la propriété de l’objet matériel.
L’acquéreur de cet objet n’est investi, du fait de cette acquisition, d’aucun des droits prévus par le présent code, sauf dans les cas prévus par les dispositions des deuxième et troisième alinéas de l’article L. 123-4. Ces droits subsistent en la personne de l’auteur ou de ses ayants droit qui, pourtant, ne pourront exiger du propriétaire de l’objet matériel la mise à leur disposition de cet objet pour l’exercice desdits droits. Néanmoins, en cas d’abus notoire du propriétaire empêchant l’exercice du droit de divulgation, le tribunal de grande instance peut prendre toute mesure appropriée, conformément aux dispositions de l’article L. 121-3. »

Ceci signifie que le droit d’auteur est un droit de propriété incorporel transmissible.
À ce titre l’exécution par la saisie puis la cession forcée du droit d’auteur est tout à fait possible.
Les droits d’auteur sont, aux termes des articles L112-1 à L 112-4 du CPI, les suivants :

Article L112-1

Les dispositions du présent code protègent les droits des auteurs sur toutes les œuvres de l’esprit, quels qu’en soient le genre, la forme d’expression, le mérite ou la destination.

Article L112-2

Sont considérés notamment comme œuvres de l’esprit au sens du présent code :

  • Les livres, brochures et autres écrits littéraires, artistiques et scientifiques;
  • Les conférences, allocutions, sermons, plaidoiries et autres œuvres de même nature;
  • Les œuvres dramatiques ou dramatico-musicales;
  • Les œuvres chorégraphiques, les numéros et tours de cirque, les pantomimes, dont la mise en œuvre est fixée par écrit ou autrement;
  • Les compositions musicales avec ou sans paroles;
  • Les œuvres cinématographiques et autres œuvres consistant dans des séquences animées d’images, sonorisées ou non, dénommées ensemble œuvres audiovisuelles;
  • Les œuvres de dessin, de peinture, d’architecture, de sculpture, de gravure, de lithographie;
  • Les œuvres graphiques et typographiques;
  • Les œuvres photographiques et celles réalisées à l’aide de techniques analogues à la photographie;
  • Les œuvres des arts appliqués;
  • Les illustrations, les cartes géographiques;
  • Les plans, croquis et ouvrages plastiques relatifs à la géographie, à la topographie, à l’architecture et aux sciences;
  • Les logiciels, y compris le matériel de conception préparatoire;
  • Les créations des industries saisonnières de l’habillement et de la parure. Sont réputées industries saisonnières de l’habillement et de la parure les industries qui, en raison des exigences de la mode, renouvellent fréquemment la forme de leurs produits, et notamment la couture, la fourrure, la lingerie, la broderie, la mode, la chaussure, la ganterie, la maroquinerie, la fabrique de tissus de haute nouveauté ou spéciaux à la haute couture, les productions des paruriers et des bottiers et les fabriques de tissus d’ameublement.

Article L112-3

Les auteurs de traductions, d’adaptations, transformations ou arrangements des œuvres de l’esprit jouissent de la protection instituée par le présent code sans préjudice des droits de l’auteur de l’œuvre originale. Il en est de même des auteurs d’anthologies ou de recueils d’œuvres ou de données diverses, tels que les bases de données, qui, par le choix ou la disposition des matières, constituent des créations intellectuelles.

On entend par base de données un recueil d’œuvres, de données ou d’autres éléments indépendants, disposés de manière systématique ou méthodique, et individuellement accessibles par des moyens électroniques ou par tout autre moyen.

Article L112-4

Le titre d’une œuvre de l’esprit, dès lors qu’il présente un caractère original, est protégé comme l’œuvre elle-même. Nul ne peut, même si l’œuvre n’est plus protégée dans les termes des articles L. 123-1 à L. 123-3, utiliser ce titre pour individualiser une œuvre du même genre, dans des conditions susceptibles de provoquer une confusion. ».

Remarquons cependant que ce droit est temporaire. En effet, les articles L 123-1 à L 132-12 réglementent cette durée.

Signalons notamment que « L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l’année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent. ».

Par conséquent, grâce à la procédure de saisie des droits incorporels, il est possible de procéder à la saisie des droits d’auteur puis à la vente des droits d’auteur.